"L'essentiel, nous ne savons pas le prévoir. Chacun de nous a connu les joies les plus chaudes là où rien ne les promettait."

Antoine de Saint-Exupéry

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© Grâce à Points-Coeur

Bien petite et dépassée...

Updated: Nov 21, 2019


Point-Coeur d'Afragola

Arrivée au bout d’une mission de 18 mois à Naples, je percevais que le retour en France allait être compliqué et exigeant. Je devais en effet, à peine arrivée chez mes parents à Blois, et en très peu de temps, poser un bon nombre de choix importants. Tout d’abord, choisir un master (vers quelle voie professionnelle me sentais-je appelée ? Quel métier voulais-je faire ?), puis choisir la ville dans laquelle je voulais habiter (Paris, Rennes, Tours ? Tout était envisageable !) et enfin avec qui (seule, en coloc’, dans un foyer ?).


Avant de prendre toutes ces décisions, me sentant bien petite et dépassée par les grâces et les combats de mon retour, j’ai débord fait un acte de foi concret en remettant mon chemin à la Providence. J’avais appris à adopter cette attitude d’abandon et de confiance en mission, je pouvais alors la mettre en œuvre dans le quotidien de mon retour. Dans les choix que j’ai finis par faire, j’ai essayé tant bien que mal d’écouter mon cœur et d’être fidèle à tout ce que j’avais reçu en mission.


J’ai commencé par chercher un job pour gagner un peu d’argent et m’occuper avant la rentrée universitaire. J’ai été embauchée dans une école primaire (en tant que surveillante puis assistante d’une institutrice spécialisée). Le contact avec les enfants ne me déplaisait pas mais je ne me sentais pas particulièrement attirée par le métier d’institutrice.

C’est en rencontrant particulièrement l’une d’elle et en allant dans sa classe que j’ai eu le déclic. Malgré mes doutes sur ma capacité à être enseignante, la réalité de ce que je vivais dans cette école me rattrapait. J’étais à l’aise avec les enfants et j’admirais les institutrices. Ce métier semblait me correspondre réellement. J’ai donc décidé de me lancer dans cette voie.

J’ai ensuite pris la décision de vivre à Paris, car beaucoup de mes amis y habitent et surtout Points-Cœur est présent. Je sentais le besoin d’être proche des membres de Points-Cœur pour ne pas oublier ce qui m’avait tant nourri et comblée en mission – vivre du charisme de compassion et de consolation.


Pendant mes quatre premiers mois dans la Capitale, j’ai décidé de vivre seule dans une chambre de bonne. Le choix fut rude, malgré les rendez-vous hebdomadaires à la Maison Adrienne. Je me suis rendue compte pendant ce temps à quel point mon appartenance à Points-Cœur était forte et combien cela m’était vital et nécessaire de poursuivre l’aventure entamée pendant ma mission dans mon quotidien parisien.


Par grâce, une place était libre à la Maison Adrienne à ce moment-là. Après quelques semaines de combat intérieur, j’ai enfin pris la décision de rejoindre la coloc. Cela fait maintenant près d’un an que j’y vis. Certes mon quotidien est bien différent de celui de la mission, mais la vie de communauté à la Maison Adrienne, rythmée par les laudes chaque matin, m’aide à épouser ma réalité sans m’endormir, à rester éveillée et consciente des grâces que je reçois chaque jour. Cela me bouscule et me provoque, me rappelle sans cesse cette prise de conscience face à l’essentiel que j’ai eu la chance de vivre en mission. Ma vie est plus unifiée, mais elle n’en est pas moins exigeante.


Elisabeth